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DOSSIER - LA PROSPECTION AU DETECTEUR DE METAUX

Ce type de prospection est soumis à une autorisation préfectorale, délivrée en fonction des compétences du demandeur et des modalités de la recherche. Il est strictement interdit de prospecter avec un détecteur de métaux dans le but de rechercher des objets pouvant intéresser l'histoire et l'archéologie sans autorisation préfectorale, conformément à la loi 89-900 (1989) et le Code du Patrimoine (2004).

Le détecteur de métaux est un instrument qui peut rendre des services à l'archéologie. Il est fréquemment utilisé sur les fouilles préventives ou programmées par des archéologues professionnels. Ces derniers font même parfois appel à des détectoristes bénévoles  sur des chantiers de fouilles (par exemple avec quelques membres de la FNUDEM).

Son usage peut avoir un intérêt sur les chantiers de fouille ou en complément pour la prospection. Voici quelques exemples d'applications :  

* récupération de petits objets métalliques dans les déblais de fouilles ou de décaissements,

* localisation d'objets métalliques sur des sépultures en cours de fouille,

* localisation de clous en fer pour cartographier des structures (clous dans un murus gallicus par exemple),

* prélèvement d'objets parasites dans les couches superficielles pour les prospections géophysiques,

* en labour : localisation d'objets métalliques pouvant permettre d'affiner les fonctions d'un site ou des différents secteurs d'un site.

Comme la prospection visuelle, la prospection au détecteur de métaux n'a pas d'intérêt scientifique si elle est dépourvue d'objectifs. La prospection au détecteur de métaux n'est pas une méthode fiable permettant de repérer des sites archéologiques, mais elle vient en complément de la prospection classique. Prélever des objets métalliques n'a pas d'intérêt si l'on ne prend pas en compte les autres catégories d'objets (céramique, ossements, éléments de construction, etc.). Toutefois, les objets découverts par les détectoristes peuvent avoir un intérêt pour certains chercheurs mais il est primordiale que la provenance de l'objet soit bien établie. Comme pour la prospection visuelle, un objet prélevé au détecteur doit être localisé sur un plan cadastral.

AVERTISSEMENT

La prospection au détecteur de métaux pratiquée par loisir a souvent des répercussions catastrophiques sur l'intégrité des sites archéologiques. La plupart des utilisateurs de détecteur de métaux, qui se revendiquent de la détection de loisir n'ont pas d'autorisation de prospection. Seules quelques dizaines de personnes en sont pourvues en France. Par conséquent, de très nombreux objets archéologiques (plusieurs centaine de milliers si l'on prend en considération les monnaies, les fibules etc.) ne sont pas déclarés et ne sont pas publiés. Il s'agit donc d'une perte gigantesque d'informations pourtant cruciales pour la science. Les sites historiques et archéologiques sont alors privés d'une partie des informations potentielles qu'ils auraient pu livrer dans le cas d'une prospection systématique (les artéfacts métalliques).

Certaines couches archéologiques affleurent à la surface du sol. Lorsque un détectoriste prélève, par loisir, l'objet métallique qu'il a détecté, il détruit donc les informations contextuelles qui entourent l'objet. Sur les sites à «haut rendement», comme c'est le cas pour beaucoup de sites gallo-romains, les couches archéologiques sont très perturbées par les passages successifs des utilisateurs illégaux de détecteurs de métaux. Il arrive même parfois que ces clandestins, munis de détecteurs performants, détruisent en profondeur les couches archéologiques (au delà de la couche arable) pour prélever des objets volumineux.

Bien souvent les utilisateurs illégaux de détecteurs de métaux n'ont pas conscience que leurs prélèvements ne sont pas anodins et que leurs prospections anarchiques sont extrêmement préjudiciables pour le patrimoine archéologique et historique.

DRAC (Ministère de la Culture) : Direction Régionale des Affaires Culturelles.

SRA (service de la DRAC) : Service Régional de l'Archéologie.

FNUDEM : Fédération Nationale des Utilisateurs de Détecteurs de Métaux.