MonSite.Como

MOBILISONS-NOUS CONTRE LE PILLAGE DU PATRIMOINE !

 

 

 

 

Infolettre Halte au Pillage n°3 - 23 juin 2009

Manifestation de chasseurs de trésors à Séville (Espagne).

Sommaire :

1. Manifestation de chasseurs de trésors à Séville (Espagne).

2. Italie : du tombarolo isolé au réseau international en passant par le numismate collectionneur.

3. Une conséquence du Portable Antiquities Scheme anglo-gallois ?

4. Pillage en images

5. Arrestation de quatre pilleurs en Bulgarie et un tumulus thrace sauvé pour la science !

6. Des voleurs pillent les ruines antiques libyennes

7. Pillage à la dynamite arrêté à temps au Sri Lanka !

8. Abonnement à l'Infolettre Halte au Pillage

 

1. Manifestation de chasseurs de trésors à Séville (Espagne).

Le 10 Mai dernier, une manifestation organisée par plusieurs associations andalouses de détection a eu lieu à Séville devant les locaux de l'administration chargée du patrimoine. Ils étaient selon les différents organisateurs du rassemblement entre 300 et 500 manifestants venus de toute l’Espagne mais, face à ce petit groupe, la police n'a pas pris la peine de les compter. Ils refusaient l’application d’une loi votée il y a 18 mois par le parlement Andalou et instituant une autorisation similaire à ce qui existe dans la majorité des pays européens continentaux – autorisation conforme aux recommandations européennes. Pourtant quelques jours plus tôt, le 1er Mai 2009 plus précisément, Gemma Hernández, chef du Service d'archéologie et de paléontologie de Catalogne déclarait au journal El Pais « Les détecteurs de métaux sont des armes dangereuses pour le patrimoine archéologique ». En effet plus de 15000 pièces archéologiques dépourvues de tout contexte et donc scientifiquement peu exploitables ont été saisis chez 8 pilleurs arrêtés après une enquête de plus d’un an menée par les policiers espagnols sur un site internet. La personne dirigeant ce réseau avait arrêté toute activité professionnelle autre pour se consacrer entièrement au pillage. Madame Hernandez a voulu informer « tous ceux qui ont l'intention d'acheter un détecteur de métal à la recherche de matériel archéologique doivent être conscients qu'il s'agit d'une activité illégale. » D’ailleurs le Procureur Général de Galice, Carlos Varela Garcia, dans la Voz de Galicia du 13 juin dernier, s’est déclaré préoccupé par les utilisateurs clandestins de détecteurs de métaux qui menacent grandement l’intégrité des dépôts archéologiques. Il a aussi appelé ses concitoyens à une plus grande vigilance vis-à-vis de ces criminels.

Une telle manifestation ne changerait rien au cadre réglementaire en France. Les archéologues français et l'association HAPPAH s'opposeraient avec vigueur à tout aménagement en faveur du pillage.

Si les petits pilleurs du dimanche tentent d'impressionner les pouvoirs publics en s'agitant, leurs arguments sont bien faibles. La qualité et la pertinence des arguments des archéologues font la différence.

Les braconniers du patrimoine dans la rue

2. Italie : du tombarolo isolé au réseau international en passant par le numismate collectionneur.

Dans l'infolettre n°2 nous avons vu qu’une fresque provenant de Pompéi avait été saisie et rendue à l’Italie, ce site particulièrement connu dans le monde est – lui aussi – et malgré le travail de protection du site, l’objet de pillages réguliers.

Ainsi, le 10 juin dernier, les carabiniers ont découvert un tunnel partant d’une maison située à proximité du site et allant jusqu’à la villa « Fondi Imperiali ». Ce tunnel de 50 mètres a été creusé par un tombarolo de 22 ans qui stockait ses trouvailles chez son père.

A Tarente, le 8 Juin 2009, les monnaies antiques d’un collectionneur italien ont été saisies, elles auraient été achetées sur Internet à plusieurs tombaroli de la région de Barletta. La valeur estimée de cette collection dépasse cent mille euros.

Fin Mai, selon le Corriere del Mezzogiorno, une vaste opération des carabiniers de la protection du patrimoine culturel de Foggia a permis de récupérer pour plus d’un million d’euros d’objets archéologiques chez 18 personnes. Les pilleurs utilisaient des détecteurs de métaux et des bulldozers. L’enquête à commencé grâce à l’arrestation d’un habitant de Foggia en Allemagne en possession d’objets archéologiques sans pedigree, arrestation relayée par Interpol.

3. Une conséquence du Portable Antiquities Scheme anglo-gallois ?

Au début de cette année, un américain résidant au Portugal a été arrêté pour fouille clandestine et destruction de sites archéologiques, de nombreux objets archéologiques ainsi que deux détecteurs de métaux ont été saisis chez lui. Il a pillé de nombreux sites médiévaux et romains, la plupart non classés mais bien répertoriés par l’Igespar (Instituto de Gestão do Património Arquitectónico e Arqueológico) dépendant du ministère de la culture portugais. Cet homme de 58 ans, anglophone devait certainement penser que le Portugal, comme l’Angleterre et le pays de Galles, ne protégeait pas les sites archéologiques non classés. Heureusement pour le patrimoine portugais, ce n’est pas le cas.

4. Pillage en Images

> Pillage d'une agglomération de l'Age du Bronze au Portugal

C'est lors d'une prospection pédestre que des archéologues d' Évora ont découvert le carnage. Le site de la Coroa do Frade, la plus importante agglomération fortifiée de la région au Bronze Final, a été pillée à l'aide de détecteur de métaux. Les dégâts sont immenses, le site a été tellement atteint que les recherches scientifiques futures sont gravement compromises. Des centaines de trous, parfois si profonds qu'ils atteignent le substrat géologique, témoignent d'autant de prélèvements sauvages d'objets archéologiques. Une grande part des objets métalliques présents dans les couches archéologiques de ce site a été arrachée de son contexte. Chaque trou a occasionné des perturbations graves sur les niveaux stratigraphiques du site. Ce ne sont pas seulement des objets qui ont été volés mais des données essentielles pour la connaissance de l'histoire de l'humanité. En quelques heures une partie de ce site majeur a été définitivement détruite.

Quelques uns des très nombreux stigmates du pillage. Voir la suite en image sur le blog de la Carta Arqueológica do Concelho de Évora et sur ce blog

> Pillage et dégradation d'un objet archéologique dans le Bas-Rhin

Ah ces braves sauveurs du patrimoine sortant de l'oubli et de la destruction agraire ou chimique d'humbles témoins méconnus ! Cette petite patère gallo-romaine de 14 cm de diamètre a été perforée par la pioche d'un chasseur de trésor.

La recherche d'objet archéologique est soumise à autorisation. Le vol et la dégradation d'un objet archéologique peut rapporter gros : de 7 à 10 ans de prison et de 100 000 à 150 000 euros d’amende.

5. Arrestation de quatre pilleurs en Bulgarie et un tumulus thrace sauvé pour la science !

4 chasseurs de trésors ont été arrêtés pour avoir pillé un tumulus thrace. L’arrestation qui date de novembre dernier, vient d’être rendue publique car il fallait protéger la fouille de sauvetage entreprise sur ce site des déprédations d’autres utilisateurs clandestins de détecteurs de métaux. Trois des pilleurs avaient des casiers judiciaires bien chargés. Rappelons que le pillage des sites funéraires bulgares se fait à une échelle industrielle, financé le plus souvent par des réseaux mafieux locaux afin d’alimenter le marché international des objets archéologiques.

6. Des voleurs pillent les ruines antiques libyennes

Une enquête parue dans The National, quotidien des Emirats Arabes Unis met en évidence l’ampleur du pillage en Libye, pays qui est resté très longtemps fermé aux convoitises des marchands d’art et dont les sites archéologiques étaient jusqu’à peu préservés des pilleurs. Ainsi les journalistes de ce journal ont rencontré des pilleurs qui opèrent ouvertement comme un revendeur de monnaies antiques basé à Cyrène et qui alimente le marché mondial de la numismatique, ils ont ensuite suivis les filières des contrebandiers égyptiens pour finalement retrouver les artéfacts dans des salles de vente de Zurich ou de New York. Certaines pièces feraient le voyage à travers la méditerranée pour se retrouver dans les grands ports occidentaux de Marseille ou de la côte italienne. Les réseaux sont extrêmement bien organisés et opèrent tous pour alimenter le marché international de l’art en objets archéologiques. Ceux-ci se retrouvent dans les plus grandes salles de vente dans tous les pays occidentaux, y compris la France, avec des provenances fantaisistes afin de ne pas troubler la conscience des amateurs d’objets archéologiques préférant ne pas se poser de questions.

“Where's my freedom to sell these things that I discovered with my own hard toil?” a déclaré Fathi Ismail, pilleur à Cyrène, aux journalistes de The National.

7. Pillage à la dynamite arrêté à temps au Sri Lanka !

Le parc national de Wilpattu à Anuradhapura au Sri Lanka, est connu pour sa faune et sa flore mais aussi pour ses sites archéologiques. 5 chasseurs de trésor ont été arrêtés dans cette zone protégée, en possession de tout le matériel nécessaire pour fouiller ainsi que des armes de guerre et de la dynamite. Ils avaient l’intention de l’utiliser pour accéder plus facilement aux niveaux archéologiques « les plus prometteurs » pour eux c’est-à-dire les niveaux les plus riches en matériel archéologique vendable.

Plus tôt dans l’année, la douane sri lankaise a démantelé un réseau international de pilleurs/receleurs de statues de Bouddha destinées là encore au marché international et notamment à un marchand d’art basé en Californie.

8. Abonnement Infolettre Halte au Pillage

N'hésitez pas à vous inscrire à l'Infolettre de l'HAPPAH et soyez averti régulièrement dans votre boîte courriel de l'actualité de la lutte contre le pillage. Une à deux infolettres sont prévues chaque mois.

Pour cela, envoyez nous un courriel à happah.info@gmail.com avec "Abonnement Infolettre" en sujet.

Les coordonnées fournies lors de votre inscription ne seront utilisées que dans le cadre de l’infolettre Halte au Pillage et ne seront en aucun cas divulguées.

Il est également possible, à tout moment, de se désinscrire de l’infolettre en cliquant ICI