| Extrait de l'Infolettre Halte au Pillage n°20 – 20 novembre 2011
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1. Scandaleux ! La promotion d’un bon filon dans Le Progrès (2 octobre 2011)
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L’article « Chercheurs de trésors des Temps modernes » paru dans Le Progrès du 2 octobre dernier, a profondément indigné le milieu de l'archéologie. A la Une : l'utilisation de détecteurs de métaux, et un véritable dossier sur un chasseur de trésor et le marchand d'objets archéologiques qui lui est directement lié. Une fois n'est pas coutume, l'article ressemble fort à un publi-reportage au profit d’un marchand de détecteurs de métaux et d’un numismate professionnel. Dans la première partie de l'article, Patrick Juillard ne se cache pas de mener des recherches illégales avec son détecteur de métaux. Il affirme également louer et vendre ces appareils. Dans une seconde partie, le numismate Sébastien Chaillot, qui a pignon sur rue à Bourg-en-Bresse, affirme sans complexe faire du recel d’objets archéologiques (donc provenant de prospections ou fouilles illégales) en vendant les découvertes des utilisateurs clandestins de détecteurs de métaux. Il ne se contente pas de négocier des monnaies puisque ses clients lui rapportent des « fibules » antiques. Il donne également des conseils aux apprentis chasseurs de trésors en leur conseillant « la région d'Ambérieu... » L’encadré concernant la législation donne une interprétation complètement fantaisiste de la loi. A se demander quelles sources ont été retenues par le journal… |
Les deux protagonistes de cet article, en s’exposant ainsi dans un titre localier, ne doivent pas se sentir en danger. Pourtant, à délits comparables, cambrioleurs ou braconniers n’oseraient même pas se livrer à une telle publicité. Pourquoi alors oser ? Pourquoi alors s’autoriser à vanter cette succession de délits ? Parce qu’il existe une réelle impunité !
Patrick Juilliard et Sébastien Chaillot l'ont fait, sans plus être inquiétés. Dans cette affaire, il convient de se questionner sur ce qui paraît le plus provocant : Que le chasseur de trésor avoue mener des recherches illégales ? Qu’il vende du matériel de détection et en fasse la publicité gratuitement dans le journal ? Que ce numismate avoue se livrer au recel d'objets volés ? Qu’un journaliste, sous couvert de l’information, rende attrayant et exemplaire P. Juillard et S. Chaillot ? Que les pouvoirs publics n’aient pas encore agi ?
Dans cette mesure, l’association HAPPAH s’indigne d’un statu quo inadmissible. Que rien ne bouge avec une affaire de trafic de biens culturels déballée ainsi dans la presse est un scandale.