INFOLETTRE HALTE AU PILLAGE n°12 - 20 septembre 2010 L'association HAPPAH n'est pas la police du pillage |
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1. L'association HAPPAH n'est pas la police du pillage
Si l’HAPPAH n'a de cesse de répéter que l’utilisation d’un détecteur de métaux à des fins de recherche d’objets archéologiques nécessite une autorisation préfectorale (Code du Patrimoine), elle rappelle aussi que les découvertes faites, considérées comme des "trésors" par leurs inventeurs, sont nécessairement des objets pillés issus de vestiges et de contextes archéologiques détruits, y compris en surface des sols.
Se servir d’un détecteur pour la "chasse aux trésors", la "détection" ou "prospection de loisir" ou la "détection électromagnétique", ou autre formulation visant à contourner la loi, est interdit en-dehors de l’attribution d’une autorisation préfectorale. De plus, l’autorisation du propriétaire du terrain est incontournable.
L’autorisation préfectorale est délivrée en fonction des compétences du demandeur et des modalités de la recherche. En conséquence, nul ne peut se lancer sur une simple envie dans une "chasse au trésor" !
Cette réglementation vise à protéger le patrimoine archéologique, unique ressource à la disposition des sciences humaines et environnementales pour mieux connaître le passé des sociétés.
Tout contrevenant s’expose à une perquisition immédiate de son domicile et à une condamnation par le Tribunal de Grande Instance (TGI) pouvant donner lieu à une amende de cinquième classe et à la confiscation du ou des détecteurs de métaux. L’amende peut être portée à 150 000 euros et 10 ans de prison en cas de destruction, même partielle, d’un site archéologique.
Si l’HAPPAH est particulièrement sensible aux problèmes posés par les "chasseurs de trésors" équipés de détecteurs de métaux, elle n’est toutefois pas la police du pillage.
L’association cherche les moyens de développer des mesures préventives dans la lutte contre le pillage. Elle a une mission d’information. Elle est en mesure de conseiller ses interlocuteurs sur les démarches légales à suivre en cas de pillage. Son rôle est de relayer les préoccupations des archéologues, amateurs et professionnels, envers le pillage, la détention, le trafic d’objets archéologiques et la destruction par leurs accapareurs des sites les contenant.
Dans la ligne de ces objectifs l’HAPPAH est présente lorsqu’il s’agit de demander aux services de l’Etat de rappeler les lois et de les faire respecter. Elle n’est nullement là pour se substituer à leurs missions. En conséquence, il est inutile d’adresser à l’HAPPAH des courriers de dénonciations, trop souvent teintés de tentatives de règlements de comptes entre « détectionnistes ». Ces demandes ne peuvent en aucun cas être directement suivies d'effet, nous nous contentons d'orienter les expéditeurs vers les services de l'Etat compétents afin que leurs demandes soient traitées.
2. Lobbying pro détection - Promotion estivale et esprit critique
Promotion estivale…
Depuis bon nombre d’années, le milieu de la détection a habitué le public à le voir apparaître dans les pages de la presse locale et même dans les reportages télévisés. Saison creuse de l’information, période où les stagiaires des médias ont un peu d’autonomie, l’été est donc propice à la percée de la promotion détecteurisante.
Cette fois, nous avons pu assister à un véritable lobbying dans les départements du Nord de la France. Les mêmes têtes, les mêmes propos, les mêmes situations. Un scénario bien ficelé à l’avance dont l’objectif est de déculpabiliser les « prospecteurs » et de blanchir leur image. Comme c’est les vacances, tout le monde à la plage : « on vous retrouve les objets perdus ! » Au fil des articles, on découvre que le service est désintéressé ou presque car le « prospecteur » ne dit pas non à l’invitation à l’apéritif et qu’il avoue apprécier de se faire connaître. Sait-on jamais, se lier avec des particuliers, c’est aussi prospecter des adresses, des propriétés… donc de futurs terrains de jeux et de belles découvertes… des pillages en perspective… Non ? On s’interroge car en fin d’article, il y a souvent l’aveu d’une passion pour l’archéologie. Et puis, poser pour la photo avec un radar de sol, est-ce bien utile pour retrouver une médaille de baptême ?
Et esprit critique
Seulement, il arrive aussi que les associations vantant les mérites de la chasse aux bijoux de famille perdus dans le sable tombent sur des journalistes un peu plus chevronnés, ou exerçant leur esprit critique. De fait, ils se renseignent auprès des Services Régionaux de l’Archéologie ou parfois même, contactent l’HAPPAH. Ceux-là, en général, sont soupçonnés d’être instrumentalisés ou de parti pris car comment soupçonner un loisir d’être aussi une activité pas très claire ? Simplement en écoutant les différentes versions et en constatant qu’il y en a une qui, pleines de contradictions, entre aussi en conflit avec la loi. Lorsque le journaliste fait son travail d’investigation, il ne peut pas rester dupe et accepter de faire la publicité gratuite d’une activité douteuse dès sa présentation. L’un d’eux s’est même interrogé : pourquoi certains groupes de passionnés de poêles à frire cherchent à se faire inviter chez les gens via la presse ? Peut-être une enquête de fond à venir sur les motivations réelles de la « prospection-détection » ?...
3. Pillage sur les plages
Avec leurs poêles à frire, les chercheurs de métaux passent les plages au crible

Le 18 juillet 2010, le journal " La Voix du Nord " fait dans un article l'apologie de la détection sur les plages, de façon à présenter un loisir original pour les vacances d'été. L'on voit des utilisateurs de détecteurs vacanciers montrer leurs trouvailles et évoquer leur plus belles découvertes, parfois même plus loin, dans l'arrière pays. Si la récolte est bonne, avec les objets perdus au fil des vacances, ne devraient-ils pas s'interroger sur la possibilité de tomber sur des traces plus anciennes? Après tout, les plages n'ont pas été utilisées qu'après l'avènement du tourisme. Elles peuvent constituer des lieux fortement marquées par les siècles et les activités humaines, qu'elles soient constructrices ou destructrices, bref des sites archéologiques.
Le littoral compte en effet de nombreux sites archéologiques. Ces sites sont souvent très sensibles. Les niveaux archéologiques affleurent au gré des marrées et les prélèvements d’objets doivent se faire avec la rigueur qu’exige les méthodes de l’archéologie. Pour protéger ce patrimoine côtier, le Code du Patrimoine qui réglemente l’utilisation du détecteur de métaux s’applique également sur les plages. Nous sommes contraints de rappeler que toute personne prise en flagrant délit de prospection électromagnétique sur un site archéologique (plages inclues) s’expose à 7500 euros d’amende et la confiscation de son détecteur de métaux.

Pillage de loisir sur un site gallo-romain (littoral aquitain)

Calage de trou de poteau constitué à l'origine d'une pierre et d'un fragment de tuile à rebord. Le pilleur l'a partiellement détruit en prélevant à coups de pelle la tuile à rebord.
4. Vol d'objets sur les sites : un nouveau cas à Tautavel
Un vol et des dégradations ont été constatés au mois d’août à la grotte de Tautavel (Pyrénées-Orientales. Les auteurs ont dérobé un moulage de la face de l'homme de Tautavel et, en tentant de l’extraire, ont brisé un crâne d'ours des cavernes. Le ou les auteurs ont tout simplement franchi les grilles qui ferment le site. Cet acte, assez fréquent sur les chantiers de fouille, pose la question de la sécurité des sites et du rapport entre le milieu de la recherche et le grand public. Rappelons que le moulage avait été conçu pour le public et que le crâne d’ours est une sommes d’informations sur notre passé.
5. Revue de presse
Imprenditore-tombarolo in trappola: confiscati migliaia di antichi reperti

Le 4 août 2010, des enquêteurs Italiens ont saisi plusieurs centaines d'objets de période nuragique, punique et romaine alimentant un vaste trafic entre la Sardaigne et la Lombardie. Les personnes possédant ces objets ont été accusés de recel , de possession illégale de biens d'états. Ce coup de filet a conduit les autorités a arrêter des pilleurs en flagrant délit non loin des ruines d'un thermes romain. Lien
Bulgarian Police Bust Illegal Treasure Hunting Group
Le 2 septembre 2010, on apprend que la police Bulgare a arrêté un groupe de pilleurs en possession de 26 pièces d'époque Ottomane et Antique. Lien
Haut-Rhin: il cherche des champignons et trouve 34 grenades
Le 14 septembre 2010, une dépêche de l'AFP (Agence France Presse) annonce la découverte par un promeneur de 34 grenades offensives de la Seconde Guerre Mondiale dans une forêt du Haut-Rhin. Les grenades étaient empilées contre un arbre, à seulement 200 mètres d'un lotissement. Probablement déterrées à l'aide d'un détecteur à métaux, elles ont été abandonnées. Il est inutile d'évoquer le danger d'abord de les extraire et ensuite de les laisser ou de les transporter non loin d'habitations. Lien
Crime-scene training helps protect artifacts, archeological sites
6. Journée du patrimoine chez France Détection Service
Pour la journée du patrimoine du 19 septembre 2010, la société France Détection Service a organisé une matinée porte ouverte à son siège sociale situé au Thor (84) : essais de matériels de détection, discussions autour de la détection et remises de 10 % pour tout achat de matériel. Une drôle de façon de fêter le patrimoine !
7. Abonnement Infolettre Halte au Pillage
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Pour cela, envoyez nous un courriel à happah.info@gmail.com avec "Abonnement Infolettre" en sujet.
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