Halte au pillage du patrimoine archéologique et historique

Compteur Happah

Qu'est-ce que le Compteur d'objets pillés ?

Nombre d'objets pillés en France aujourd'hui :

Nombre d'objets pillés en France depuis le début de cette année :

Nombre d'objets pillés en France depuis le décret n°91-787 du 19 août 1991 :

Les DECLARATIONS HAPPAH

Déclaration du 2 février 2011. A propos du terme "détectoriste"

L’utilisation d’un détecteur de métaux à des fins de recherche d’objets anciens est soumise à une autorisation préfectorale. En France, environ 10000 personnes pratiquent très régulièrement et de manière illégale la prospection au détecteur de métaux à ces fins. Par son ampleur, cette activité illégale affecte gravement les ressources archéologiques. C’est pourquoi, dès lors qu’elle est pratiquée sans autorisation, cette activité est clairement assimilée au pillage du patrimoine archéologique.

A l'heure où l’archéologie s’affirme comme discipline scientifique, les prospecteurs clandestins considèrent la recherche d’objets archéologiques comme un hobby au même titre que la collecte de champignons, la pêche et la chasse. Ils réfutent le fait que la ressource archéologique est limitée et qu’elle se raréfie.

Le terme "détectoriste" a été inventé il y a quelques années par un partisan de la détection illégale. C’est à partir d'un néologisme anglais, metal detectorist, lui-même inventé par des activistes anglais qui réagissaient à la campagne STOP (Stop Taking Our Past) menée par les archéologues dans les années 1990, que le terme a été inventé. Cependant, il ne figure dans aucun dictionnaire. Le terme est spécifiquement créé pour faire passer des pilleurs munis de détecteurs de métaux pour une communauté de personnes responsables.

En Angleterre et au Pays de Galles, la prospection au détecteur de métaux est rendue légale depuis 1996 malgré la protestation des archéologues et de la campagne STOP (campagne de protestation organisée à partir de décembre 1979). Par opposition au terme metal detectorists les utilisateurs de détecteur non légaux sont appelés par les anglais des nighthawkers. D'un point de vue sémantique, il paraît donc inopportun d’utiliser le terme de « détectoriste » pour qualifier les personnes utilisant des détecteurs de métaux pour chercher des objets anciens ou perdus. Dans la logique des partisans de la détection, les "détectoristes" sont des personnes responsables au contraire des pilleurs, irresponsables.

Or, toute personne cherchant sans méthode et sans cadre légal des objets anciens se livre à des activités irresponsables et devient, de fait, un pilleur.

Les pilleurs s'expriment au nom d'une communauté, celle des "détectoristes ». Or, la lutte contre le pillage n’est pas menée contre une communauté en particulier mais contre des pratiques individuelles. Les personnes autorisées pour prospecter légalement avec détecteur ne sont donc pas des "détectoristes". S'ils sont autorisés pour utiliser leurs machines à des fins de recherche d'objets archéologiques ils font de l'archéologie. Ce sont donc des archéologues, à titre professionnel ou bénévole.

Bien entendu, le terme "détectoriste" facilite les choses et il résonne en français un peu comme "terroriste" pour les personnes extérieures aux débats. Mais l’association HAPPAH recommande de ne pas l’utiliser. Ce sont les termes "fouilleurs clandestins", "chasseurs de trésors" ou "pilleurs" qui sont adéquats car ces individus agissent en dehors du cadre légal.

Déclaration du 20 septembre 2010. L'association HAPPAH n'est pas la police du pillage

Si l’HAPPAH n'a de cesse de répéter que l’utilisation d’un détecteur de métaux à des fins de recherche d’objets archéologiques nécessite une autorisation préfectorale (Code du Patrimoine), elle rappelle aussi que les découvertes faites, considérées comme des "trésors" par leurs inventeurs, sont nécessairement des objets pillés issus de vestiges et de contextes archéologiques détruits, y compris en surface des sols.

Se servir d’un détecteur pour la "chasse aux trésors", la "détection" ou "prospection de loisir" ou la "détection électromagnétique", ou autre formulation visant à contourner la loi, est interdit en-dehors de l’attribution d’une autorisation préfectorale. De plus, l’autorisation du propriétaire du terrain est incontournable.

L’autorisation préfectorale est délivrée en fonction des compétences du demandeur et des modalités de la recherche. En conséquence, nul ne peut se lancer sur une simple envie dans une "chasse au trésor" !

Cette réglementation vise à protéger le patrimoine archéologique, unique ressource à la disposition des sciences humaines et environnementales pour mieux connaître le passé des sociétés.

Tout contrevenant s’expose à une perquisition immédiate de son domicile et à une condamnation par le Tribunal de Grande Instance (TGI) pouvant donner lieu à une amende de cinquième classe et à la confiscation du ou des détecteurs de métaux. L’amende peut être portée à 150 000 euros et 10 ans de prison en cas de destruction, même partielle, d’un site archéologique.

Si l’HAPPAH est particulièrement sensible aux problèmes posés par les "chasseurs de trésors" équipés de détecteurs de métaux, elle n’est toutefois pas la police du pillage.

L’association cherche les moyens de développer des mesures préventives dans la lutte contre le pillage. Elle a une mission d’information. Elle est en mesure de conseiller ses interlocuteurs sur les démarches légales à suivre en cas de pillage. Son rôle est de relayer les préoccupations des archéologues, amateurs et professionnels, envers le pillage, la détention, le trafic d’objets archéologiques et la destruction par leurs accapareurs des sites les contenant.

Dans la ligne de ces objectifs l’HAPPAH est présente lorsqu’il s’agit de demander aux services de l’Etat de rappeler les lois et de les faire respecter. Elle n’est nullement là pour se substituer à leurs missions. En conséquence, il est inutile d’adresser à l’HAPPAH des courriers de dénonciations, trop souvent teintés de tentatives de règlements de comptes entre « détectionnistes ». Ces demandes ne peuvent en aucun cas être directement suivies d'effet, nous nous contentons d'orienter les expéditeurs vers les services de l'Etat compétents afin que leurs demandes soient traitées.

Déclaration du 30 mars 2010. Sur le grave problème des détecteurs de métaux pour le patrimoine archéologique
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Selon l'association HAPPAH, l'utilisation de détecteurs de métaux à des fins de collection, de divertissement et de récréation, connue sous la dénomination commune de "chasse aux trésors" représente l'un des principaux dangers pour le patrimoine archéologique. La pratique de la chasse aux trésors, préconisée et défendue par ses promoteurs et adeptes, est fondamentalement préjudiciable à la préservation et à l'étude des vestiges de notre passé dont les principes sont définis dans la Convention Européenne de La Valette du 16 janvier 1992 (révisée). Les nombreuses découvertes de munitions de guerre par les chasseurs de trésors et les accidents mortels liés à la manipulation des munitions ainsi trouvées font de la détection de métaux un passe-temps des plus dangereux et constituent une grave atteinte à la sécurité civile.

En raison du caractère fondamentalement destructeur, dommageable et dangereux de la chasse aux trésors au moyen de détecteurs de métaux, et des risques encourus par les pratiquants au regard de la loi, l'association HAPPAH revendique une réglementation très restrictive portant sur l'importation, la vente et la détention de détecteurs de métaux, tant au niveau national qu'au niveau européen."

L'association HAPPAH reconnaît que beaucoup d'utilisateurs de détecteurs sont animés par un véritable intérêt pour le passé et pour ses vestiges. Cependant, ils doivent prendre conscience que l'archéologie est une discipline scientifique et que toute intervention sur le patrimoine doit être effectuée avec méthode. Ces personnes sont invitées à s'inscrire aux fouilles programmées (calendrier des fouilles) où elles apprendront que l'archéologie est bien autre chose que le ramassage anarchique d'artefacts métalliques.

 

HAPPAH est une association loi 1901. Droits réservés. Dernière mise à jour le : 18/11/2011. Plan du site - Mentions légales