MOBILISONS-NOUS CONTRE LE PILLAGE DU PATRIMOINE !
Une antenne HAPPAH dans l'Adrar.
Le réseau HAPPAH s'enrichit par l'adhésion du mauritanien El Khalil Sidi Dah : protecteur du patrimoine, prospecteur et conservateur du musée Maison d'Arts qu'il a créé lui même en 2005.
Un patrimoine en grand danger !
L’Adrar est une région de Mauritanie très convoitée par les touristes occidentaux pour la beauté de ses paysages arides et rocailleux. Elle fut autrefois une région fertile et recèle de très nombreux sites archéologiques. Le patrimoine culturel de cette région souffre du pillage à grande échelle.
Beaucoup trop de touristes ont tendance à ramasser sur le sol de l’Adrar des souvenirs tels que des pointes de flèche, des haches polies, des perles en pierre ou encore des bifaces. Ils ignorent bien souvent qu’en prélevant ces objets ils privent les archéologues d’éléments cruciaux pour l’étude des sites archéologiques. Leurs prélèvements, uniquement motivés par la curiosité ou la collection, contribuent à vider petit à petit les sites de certaines catégories d’objets. Ils participent sans le savoir au pillage du patrimoine d’une région du monde qu’ils affectionnent.
D’autres pilleurs agissent cependant en tout connaissance de cause. Ceux-là se fondent dans la masse des touristes, recherchent les sites archéologiques et prélèvent les objets par millier. Bien souvent, ils font appel aux populations locales pour organiser les pillages. Ainsi, des milliers de personnes, attirées par un légitime goût du lucre, pauvres et ignorantes, ont été démarchées par ces receleurs. Elles pillent leur propre patrimoine. Les revendeurs occidentaux achètent une misère les objets collectés pour les revendre à fort profit sur le marché des antiquités en Europe ou aux USA.
Les objets courants sont revendus la plupart du temps au kilo à des revendeurs qui les marchanderont au détail sur internet ou sur des foires et brocantes. L’offre est tellement importante que les prix sont à la baisse : 9 euros les 5 pointes de flèche. Le marché des petites antiquités considèrent les artéfacts comme de simples produits culturels.
Les objets plus importants, comme les statuettes, sont revendus plusieurs milliers d’euros par des marchands d’antiquités à de riches collectionneurs. Les pilleurs locaux, rétribués quelques euros pour de dures journées de travail, ignorent bien souvent la valeur financière de ces objets sur le marché occidental.
Les sites archéologiques on été tellement appauvris par des décennies de pillages, aussi bien par des ramassages intensifs que de petits prélèvements sporadiques, qu’il ne reste plus grand chose pour les archéologues. Beaucoup de sites ont été littéralement vidés de certaines catégories d’artéfacts et des scientifiques comme Robert Vernet sont contraint d’étudier des sites avec pour seuls témoins les déchets de silex laissés par les pilleurs.
Il faut agir !
C’est parce que la protection du patrimoine de cette région nous concerne tous que nous avons fondé l’antenne HAPPAH de l’Adrar. Il en incombe à un homme exceptionnel qui vit à Touezegt, une dizaine de kilomètres au Nord d’Atar-ville. El Khalil Sidi Dah, très soucieux de la sauvegarde du patrimoine de son pays et scandalisé par les pillages, a ouvert un musée avec ses propres moyens. Le musée d'archéologie et d'ethnographie, Maison d'Arts, a ouvert en février 2005.

Le musée possède la plus importante collection connue de poteries néolithiques de l'Adrar.
Khalil prospecte chaque week-end dans le désert autour de Touezekt. Il repère des sites, les localise et prélève le mieux qu’il peut les objets qu’il découvre pour les mettre à l’abri. Sa démarche est appréciable car les institutions officielles du pays n'ont pas les moyens de protéger les sites et, pour les mêmes raisons, ont du mal à mettre en valeur ce patrimoine.
Chaque objet est référencé et à la disposition des archéologues. Nous sommes persuadés que des actions de sensibilisation permettront de responsabiliser les amoureux de la Mauritanie. Les personnes qui comprennent la nécessité de protéger les sites deviennent les meilleures sentinelles du patrimoine.
HAPPAH a décidé d’aider El Khalil Sidi Dah dans son noble travail. Nous allons tenter de lui trouver du matériel pour le musée ainsi qu’un véhicule et du matériel de géolocalisation pour les prospections. Outre la refonte du site internet du musée et l'accueil en France d'un jeune stagiaire, nous projetons de nous rendre en Mauritanie pour affiner sa formation en matière de prospection.
Nous recherchons également, pour l’occasion, une personne qui puisse le former à la conservation de son musée et l’aider à inventorier les quelques 6000 objets qu’il a collecté. Nous n’avons pas encore de date pour cette mission mais vous pouvez proposer dès maintenant votre candidature via la boite mail de l’association ou par courrier.
Association HAPPAH
Maison du Citoyen
16, rue du Père Lucien Aubry
94120 Fontenay sous Bois

Vue du musée à ciel ouvert. Une autre partie du musée est couverte et accueille une partie de l'industrie lithique, une collection d'insignes militaires, des parures locales et des manuscrits. El Khalil Sidi Dah souhaiterait trouver un peu d'argent pour agrandir la structure en dur et mettre en valeur tous ces objets.